11h58

C'est une nouvelle année qui commence. Et avec elle, comme on dit son flot de bonnes résolutions. C'est le deuxième jour de mon journal. J'ai décidé de ne plus vous parler de mon hypothétique talent ou manque de talent. Je dois me faire confaince et avancer. Avec ou sans. Je veux juste obéir à quelques lois de la nature. Ne pas me laisser entrer en tentation. Cela n'entraine jamais rien de bon. La journée avait bien débuté. Un magnifique azur emplissait le ciel et nos coeurs. J'ai toujours cru ou su que le ciel représentait un peu mon état d'esprit. Je viens de terminer la lecture du romain de Romain (veuillez m'excuser de tant de familarité). Tout est bien raconté. Tous les détails et surtout les sentiments semblent vrais. On a l'impression être à la fois l'auteur et sa mère.  Nous sommes tous les enfants de quelqu'un, qui a su nous aimer ou pas toujours. J'ai tant de choses à dire et à faire. J'ai pensé à tant d'idées lorsque j'étais encore au lit ce matin.

Nous étions que tous les six. Pourtant, j'ai bien mangé (des filets de turbot sauce à l'orange cuisinés avec amour par mon petit mari). J'ai bien dansé. J'ai bu un peu de Champagne. Dans la plus pure des traditions. Les traditions sont importantes. Essentielles. Ma fille a toujours son caractère de cochon. Un caractère affirmé de celle qui veut prendre toute la place qu'elle croit qu'on ne lui laisse pas. J'espère que vous avez suivi dans ses intenses réflexions. Je ne veux pas commencer cette année avec la colère contre ma fille. Je l'aime tant et j'ai l'impression que jamais rien ne va la satisfaire.

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13h53

Encore un repas trop copieux. J'ai mal au ventre. Et j'ai peur pour mes enfants. Toujours. Je cherche à devenir une personne meilleure. Moins rongée par la jalousie et l'envie. Je dois apprendre à me contenter de ce que j'ai. Et me battre pour chacun puisse avoir le minimum. Comment, dans un monde que l'on veut civiliser, peut-il encore y avoir des gens qui souffre de la misère ? Je dis bien de la misère. Je ne parle pas de famine ou de pauvreté, même si elles existent. La misère est de ces colères qui vous prend aux tripes et qui ne vous lâche jamais.  La misère, c'est le fond du gouffre. La famine est terrible car vous avez faim. La pauvreté, c'est le manque d'argent, vous n'avez rien de valeur à échanger. Vous savez mettre les mots. Mais la misère, c'est la fin. Il est durede se relever et lorsque cela arrive, on en garde des stigmates à vie. Des blessures. On souffre.

Lorsque je regarde ma vie aujourd'hui, je me dis qu'elle n'est pas si mal. Je me crois encore invincible. Si fragile sentiment. Je vis dans une peur perpetuelle de perdre. Je n'ai peur de rien. Si ce n'est de ne pas vivre assez longtemps pour rencontrer mes petits enfants. J'ai de grandes ambitions aussi. Paris sur mes collants me lance un défi.

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19h56

Les enfants nous ont offert un spectacle de théatre d'ombres. Du tout ,du rien et du n'importe quoi. I était question d'un âne. Mes enfants ont l'âme de saltimbanques. De petits artistes en herbe. Que de rêves en réalité. Comme cette émission entendue sur France inter dans la tête ay carré de Mathieu Vidard. Nos rêves qui nous aident à meiux vivre, à mieux nous connaitre. Qui cachent aussi une partie de nos secrets. ceux que l'on ne peut avouer...Chacun de nous. Tous nos espoirs déçus et nos craintes de l'après. Je ne sais plus ce que je raconte...J'ai besoin de noircir cette page avec des idées en pagaille. Qi n'ont ni queue ni tête. Une tempête s'annonce sur les côtes et dans la terre nous en ressentons un peu les conséquences. La voiture a été garée sur le côté du moulin pour éviter tout chute de tuiles. La cheminée gronde sous les siffements du vent. Il fait nuit noire au dehors. Les poules sont rentrées et la petite demoiselle va sortir avec son pépé pour donner à manger aux lapins récupérés hier. Elle a compris que ces lapins vont grandir mais qu'un jour pou l'autre ils finiront dans notre assiette. je vois, de là, pointer les remarques désobligeantes de ces gens qui font partie de la communauté des vegans. Quelle cruauté de notre part ! Nous ne maltraitons pas ces animaux. Ils vont avoir de tout. Mais un jour, ils suivront l'ordre alimentaire. Je comprend la rage des face aux maltraitances faites aux animaux qui ne voient jamais la lumière du jour. Ou celles des abattoirs qui vous rend dingues ! L'homme va progressivement évoluer vers une nourriture moins carnée. Pour autant, je crois qu'il fait y aller doucement. Chaque chose en son temps.

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